(Texte créé sans IA générative – le 5 mai 2026 – par Valentine Michel)

La loi de Moore a calculé en 1965 le doublement tous les 18 mois du nombre de transistors gravés sur un même circuit intégré et, donc, de la puissance de celui-ci.
Depuis 20 ans, entreprises comme particuliers se jettent sur les nouvelles technologies (Internet en son temps, réseaux sociaux, réalité virtuelle, jumeau numérique, entreprise connectée, maintenant intelligence artificielle générative) pour ne pas se sentir « dépassé » par les autres, devenus tous des « concurrents » dans une économie ultra-connectée et rapide de l’information et de la connaissance.
Or les entreprises qui choisissent de se priver de l’humain au profit des intelligences artificielles font certes des gains de productivité et de masse salariale à court terme, mais elles se privent d’une réflexion stratégique, d’un regard critique, et de toutes les fonctions de coordination, de régulation, et de distanciation que supposent l’intégration des nouvelles technologies.
Confronter les avis, prendre le temps de la réflexion, encadrer les usages, est absolument nécessaire avant d’installer une ou plusieurs IA dans son entreprise.
Quels sont les risques de ne pas le faire ?
- Véhiculer des biais de perception (vision ethnocentrée) et des fausses croyances (sur le genre, âge, culture, race…)
- Uniformiser la pensée, faire taire les critiques, niveler les connaissances par le bas, omettre une partie de la réalité, se rassurer sur ses croyances, pour, au final, se tromper de voie, et prendre les mauvaises décisions.
- Aplatir l’espace-temps, nous déconnectant de nos racines, de notre histoire personnelle et de notre passé commun.
- Agrandir encore le fossé qui s’est creusé entre les personnes qui utilisent l’IA et ceux qui n’y ont pas accès.
- Sans parler de la sécurité des données et de la souveraineté, avec la problématique de la propriété intellectuelle et de la fuite de données sur le dark web.
Les nouvelles technologies de rupture comme l’IA générative nécessitent un accompagnement au changement qui concerne toutes les parties prenantes, y compris celles situées en dehors de l’entreprise.
Car l’intelligence artificielle a ceci d’original, c’est qu’elle a commencé par les individus de la société civile avant d’entrer dans les entreprises.
Or faire entrer l’IA sans cadre dans les entreprises et très risqué :
- Risque de perte de souveraineté liée aux données entrées dans l’IA et à l’installation sur des serveurs cloud contrôlés par des puissances étrangères.
- Risque d’IA shadowing, avec des usages multipliés de l’IA individuellement, qui privent l’entreprise d’une véritable réflexion collective et de prises de décision éclairées.
- Risque d’impact négatif sur les métiers et sur l’emploi. Avec l’arrivée de l’IA et de l’automatisation, l’externalisation des fonctions supports est accrue (voire son remplacement), la chaîne de décision est bouleversée, la place des managers est remise en question, les personnes sont livrées à elles-mêmes et de plus en plus isolées dans leur travail. Le travail perd son sens, et le dialogue social n’existe pas sur les conditions de travail, la QVCT et la santé mentale des personnes (voir le très bon débat à l’Assemblée Natonale sur ces questions). Le travail risque de perdre en qualification, rendant tout le monde « faussement compétent », ne différenciant plus les juniors des personnes avec expérience, et creusant encore plus la discrimination entre les personnes « dans le système », et les exclus du système.
- Risque économique, avec la rupture de plus en plus visible entre les grandes entreprises, bien équipées et conscientes des dangers, qui vont exercer une pression encore plus forte sur les prix de leurs fournisseurs et sous-traitants, condamnant les artisans à s’aligner avec les prix issus de la mondialisation. Ce modèle n’est pas soutenable (cf le modèle de l’automobile).
- Hausse de la cybercriminalité et des intentions malhonnêtes, qui déstabilisent (voire coulent) les entreprises. L’ubris guette certaines personnes qui peuvent se croire « dotées de super-pouvoirs » avec l’IA.
Tout cela sans compter les impacts très négatifs sur l’environnement.
- Risques environnementaux, notamment sur l’accélération de la consommation électrique malgré l’optimisation des nouvelles générations d’IA, et de la croissance de la consommation d’eau pour refroidir les serveurs, malgré qu’elle tourne « en boucle fermée ».
C’est surtout la logique du « toujours plus, toujours plus puissant et toujours plus vite », qui n’est absolument pas remise en question. Au plan mondial, une nouvelle division du travail s’installe, avec les « travailleurs du clic » (cette question existait déjà avant l’apparition de l’IA, mais s’est accélérée avec elle).
- Risques géopolitiques avec les atermoiements de la réglementation, différente entre Etats-Unis et Europe, les guerres pour l’accès aux ressources, les déstabilisations politiques, l’inégalité du partage de la valeur économique générée…
Il est absolument nécessaire de réglementer les usages de l’IA, pour que celle-ci devienne un avantage compétitif pour des entreprises, conscientes de leurs responsabilités, sans sacrifier les dimensions sociales et environnementales sur l’autel de la guerre économique.
Cet article a été rédigé par Valentine Michel, avec les éclairages suivants :
- Table ronde à l’Assemblé Nationale sur l’impact de l’IA sur les RH : https://www.youtube.com/watch?v=y8-j0MBLJ6g&t=3s
- Wébinaires de Clément Marche, fondateur de Nuageo
- Atelier Phosphoriales, conçu par JC Casalégno et la communauté Phosphoriales/IAF sur « l’impact de l’IA sur les métiers »
- Jeu La bataille de l’IA, animé par Aurélia Gumery (Version locale).









